L’intervention du sculpteur imprime un principe de détermination qui amène l'altérité potentielle de l'airain à l'être en acte de la statue. Si ces définitions restrictives peuvent servir à caractériser la science ou à désigner un état cognitif exceptionnel visé par le philosophe, elles reviennent à fortement distinguer le substantif « connaissance » des emplois courants des verbes « savoir » ou « connaître » : par exemple, savoir où et quand on est né, savoir qu'il a plu trois fois la semaine dernière, savoir qu'il y a une table et deux chaises devant soi, connaître mon voisin Robert, etc. Mais ce sens ne se réduit pas à son utilité ou non. C’est ce qu’Aristote appelle son être en puissance. Ainsi, les mensonges de l'avocat ne sont pas une bonne raison de croire que son client est innocent; de même, le fait que la pièce soit tombée sur pile n'est pas une bonne raison de croire qu'il pleuvra demain. En effet, la préférence pour ce régime a pour base logique l’idée que le peuple puisse prendre de bonnes décisions. Gérard LEROY. Grâce à l’effort de connaissance du spectateur il peut contempler la beauté de l’œuvre sans forme, c’est-à-dire sans et à travers sa configuration visible[10]. Les fondationnalistes diffèrent aussi entre eux sur la classe des croyances qui constituent les croyances de base. Sa vérité est là, toute entière dans sa beauté. L’œuvre d’art « bonifie » la réalité[32]. [14] Aristote, « La poétique Â», chap. L’entéléchie de l’œuvre d’art c’est ce qui permet à l’œuvre perçue par le spectateur d’avoir une vie propre. Les connaissances dérivées sont les sciences et nos connaissances ordinaires sur le monde. 9, 51b5. Mais, selon le contextualiste, même si ces deux affirmations sont faites à propos de la même personne qui se trouve dans la même situation, il est possible que l'une soit vraie et l'autre soit fausse, parce que le mot « savoir » a changé de signification entre les deux conversations. Plusieurs philosophes ont réservé le nom de connaissance à des états épistémiques exceptionnels. Le peintre amateur amène bien à l’existence une forme nouvelle sans qu’il s’agisse pour autant d’une œuvre d’art. [1] Platon, « La République », Livre VII, in Platon œuvres complètes, Tome 1, Trad & Notes Léon Robin, Gallimard, La Pléiade 1950, [2] Platon, « Le Banquet » in Platon œuvres complètes, Tome 1, Trad & Notes Léon Robin, Gallimard, La Pléiade 1950 p. 741, [3] Platon, « Le Grand Hippias », in Platon œuvres complètes, Tome 1, Trad & Notes Léon Robin, Gallimard, La Pléiade 1950, p.22-56, [4] Platon, « La République », livre X, in Platon œuvres complètes, Tome 1, Trad & Notes Léon Robin, Gallimard, La Pléiade 1950, p.1208. Comme chez Aristote, le peintre de Heidegger transcende la réalité brute du modèle pour la transposer dans l'ordre général : ce qu'est vraiment la paire de chaussures dans l'existence paysanne. Pour certains, il faut que la croyance soit certaine ou infaillible[4], pour d'autres, qu'elle soit justifiée[5], ou pourvue d'une justification non défaite[6], pour d'autres, qu'elle résulte d'un processus fiable[7], ou pour d'autres encore qu'elle ne soit pas vraie par accident[8]. Il sera incapable d’interpréter la technique illusionniste de Véronèse. Les fondationnalistes doivent admettre que les croyances de bases sont non justifiées, ou ils doivent soutenir qu'elles sont justifiées d'une autre façon que par un argument (par exemple, par une expérience sensorielle, une intuition, ou l'évidence). [www.fabriquedesens.net/La-matiere-des-Grecs-a-Einstein,43]. Mais les mains de l’artiste ou de l’artisan nous révèlent qu’il dispose d’un potentiel inverse, de nature néguentropique[24]. Les conceptions de l’art chez Platon et Aristote proposent deux structures d’interprétation des œuvres. [18] André Lalande, « Vocabulaire technique et critique de la philosophie » Paris, P. U. F., 9e éd., 1962, pp. Du fait qu’elle contient en elle-même sa propre logique, sa propre signification, l’image métaphorique parle d’elle-même, elle n’a pas besoin de rechercher à l’extérieur d’elle sa signification. PREMIÈRE PARTIE : RÉSUMÉ DE LA RÉPUBLIQUE. La connaissance comme croyance vraie et justifiée, Débats philosophiques autour de la connaissance. En faisant de l’œuvre d’art une copie de copie, Platon conçoit la mimésis sur le registre du symbole[20]. La dernière modification de cette page a été faite le 5 janvier 2021 à 18:08. C’est dans la beauté de l’œuvre que réside tout le sens de celle-ci. Le philosophe empiriste (cf. « Le beau se trouve dans la grandeur et l'arrangement »[28] (50 b 37) dit le Stagirite, mais l’art ne se réduit pas à la perfection technique. Contrairement à la raison qui n'accède qu'aux «représentations», seule la connaissance métaphysique permet d'accéder au «noyau» ou à l'essence du monde. [35] Hans-Georg Gadamer, « Vérité et méthode», Paris, Seuil, 1976, p. 158. A contrario, en faisant de l’œuvre d’art la construction analogique d’une réalité dont on ne retient que certains attributs essentiels pour les mettre en valeur, Aristote conçoit la mimésis sur le registre de la métaphore. En philosophie, la connaissance est l'état de celui qui connaît ou sait quelque chose. De ce point de vue, le tableau « Guernica », aujourd’hui exposé comme symbole des horreurs de la guerre, peut être considéré comme un exemple d’art au sens platonicien. De même, pour Aristote, il n'y a de « connaissance » et de « science » (épistémè) que du général. Les connaissances de bases sont les premiers principes, ceux qui ne sont pas dérivés d'autre chose. Ce substrat, « support » d'une Forme, c’est ce que le Stagirite appelle « Matière ». (a) elle est une croyance: si Antoine ne croit pas que la Terre est ronde, alors il ne peut pas le savoir. Platon voit dans l’art l’apparence, Aristote y voit l’apparaître. Au contraire, croire que le client est innocent parce qu'on l'a vu ailleurs que sur les lieux du crime au moment du crime, c'est avoir une bonne raison de croire qu'il est innocent. Aristote interprète l’art à travers le travail de l’artiste et de l’Éros géniteur. Mais, en dehors de son reflet sur les choses on ne voit jamais la lumière elle-même qui est le véritable sens des choses. A la différence de l'artisan et du technicien qui « ne font » qu’amener à l’existence ce qui est déjà inscrit potentiellement dans les choses, l'artiste amène un supplément de sens à sa création. Le sculpteur ne fait pas qu’extraire d’une masse de pierre l’imitation d’un corps, il lui imprime cette expression de vie et de souffrance dont la vérité en fonde la beauté. [30] Hans-Georg Gadamer, « Vérité et méthode », Paris, Seuil, 1976, p. 161. La démocratie s’appuie sur la bêtise du peuple. « De telle sorte [que] l'être qui se cache est illuminé. Son sens, directement accessible intuitivement, lui est immanent. En effet, la « beauté » de l’art « platonicien » lui vient d’un extérieur qui illumine, transcende  l’œuvre. Par extension, chose ou être qui permet à l'esprit ou au cœur de trouver son plein épanouissement. La définition traditionnelle, comme croyance vraie et justifiée, est jugée insuffisante ou inadéquate depuis les contre-exemples formulés par le philosophe américain Edmund Gettier[9]. L’œuvre est l’acte de construction d’une nouvelle réalité sensible qui affirme et consacre l’unité créatrice de vérité venant se substituer au chaos de la réalité prosaïque. La connaissance objectuelle n'est ni une croyance, ni susceptible d'être vraie : par exemple, si je connais Pierre, cela ne correspond à aucune croyance en particulier (croire en Pierre ?? L'émotion esthétique fait partie du jeu de l'art. 1080-1081. On peut aussi ranger dans le contextualiste un ensemble distinct de positions d'inspiration wittgensteinienne, selon laquelle les attributions de connaissances sont justifiées uniquement relativement à certaines pratiques de justification acceptées par la communauté linguistique. Le contextualiste compare le mot « savoir » à d'autres mots sensibles au contexte, c'est-à-dire qui changent de valeur d'un contexte de conversation à l'autre : les indexicaux (« je », « tu », « il ») ou les adjectifs dits « gradables », qui désignent une certaine quantité sur une échelle, comme « grand » ou « riche ». [31] « Nietzsche et l’Art »,  Article en ligne de La-Philosophie.com, 2012 [la-philosophie.com/nietzsche-art]. [19] Charles Peguy, « Le mystère des saints innocents », Gallimard, 1948 p.14, [20] P.-H. Frangne et L. Brogowski « Vers un art sans écart ? Pour analyser cette œuvre la conception platonicienne convient mieux que l’aristotélicienne. Ces théories à deux niveaux semblent suggérer qu'il n'y a pas de définition unique de la connaissance, puisqu'une connaissance est ou bien une connaissance première ou bien une connaissance dérivée. Platon suggère donc qu'une connaissance n'est pas une simple croyance vraie, mais une croyance vraie « pourvue de raison » (Théétète 201 d). C'est le beau qui s'illumine en tant que vérité de l'apparence, ici celle d’une simple paire de chaussures. L'œuvre artistique nous amène à comprendre que ce qui caractérise un être ce n'est pas seulement sa réalité en acte, c'est aussi ce qu'il est susceptible de devenir. Ni l’interprétation d’Aristote ni celle de Heidegger ne semblent convenir à certaines productions de l’art contemporain. » in  « Ce que vous voyez est ce que vous voyez. L’artiste parvient à sur-imprimer la perfection sur elle-même. Ainsi, la différence entre l’artisan et l’artiste, tient à ce que l’artiste apporte un « supplément » d’être au fait technique. Ainsi, par exemple, l’amour de la chanson populaire qui est à l’image des joies et des souffrances de la vie quotidienne, de ses contradictions et incertitudes, contribue à renforcer la doxa comme seul référent. Éros est un mouvement sans fin vers la beauté absolue, qui est aussi vérité absolue, objet d'une saisie non plus esthétique, mais purement intellectuelle. Ce que l’on connait du beau c’est ce que nous en laisse entrevoir l’Alètheia. « Toute représentation de ce genre est un processus ontologique et apporte sa contribution à la dignité ontologique de ce qui est représenté. Éros est « traversée du sensible » en ce sens qu'il ouvre un passage par le sensible pour finalement s’en émanciper. Le lendemain, Platon vint se joindre à lui comme disciple. [5] Platon, « La République Â», Livre VII op. Platon comme Aristote conçoivent l’art à travers la grille de la mimésis. Selon l’alexandrin, il ne faut pas en rester à l’aspect trompeur de l’illusion mais s’intéresser à ce dont l’illusion fait indirectement allusion. Elle est analytique au centre, en 2 et 3 : dans l'opinion et la pensée discursive. Les forces en jeu dans l'art sont essentiellement les forces actives : elles n'ont pas besoin de s'opposer ou de nier d'autres forces pour s'imposer. L'émotion esthétique éprouvée à la lecture d'un poème, au spectacle d'une pièce de théâtre, d'une œuvre plastique ou de toute autre œuvre d'art,... n'est qu'un leurre, une illusion. C’est sur ces conditions supplémentaires pour la connaissance que portent les débats . Si c'est le cas, les jurés ont une opinion ou croyance (ils croient que l'accusé est innocent), et cette croyance est vraie. Et celle-ci est le domaine de l'art. Le processus de création d’une œuvre d’art est double. [25] Françoise Balibar, « La matière, des Grecs à Einstein », cours au Collège de la Cité des sciences. Pour Descartes et les cartésiens, ce sont un petit nombre de principes abstraits, la connaissance de notre propre existence, et de la véracité de Dieu. De la même façon qu’une bonne tragédie est un « système de faits »[13] qui imite une action dont elle retient les attributs essentiels mis en valeur au moyen d’une intrigue unifiée et complète, toute œuvre d’art est une mise en ordre unifiante et valorisée par la schématisation des traits essentiels d’une réalité qui, elle, est vécue sur le mode de la dissémination, de la juxtaposition, de la confusion, du hasard et de contingence. [32] Dans l'exercice de la poésie, cette «bonification» devient pour Aristote une valorisation de la fiction. Le point de départ du débat est le problème d'Agrippa: si quelqu'un fait une affirmation, alors il doit la défendre par une justification ou un argument. Ce qui vaut pour la sculpture vaut aussi pour les autres domaines artistiques. [6] C’est aussi le point de vue de Schopenhauer. Ces théories sont dites fondationnalistes : une sous-partie de nos connaissances sert de fondement à toutes nos autres connaissances. L’airain laissé à lui-même peut se corrompre. C’est à travers l’art que l’homme peut trouver le chemin de l’autodépassement[31], dit Nietzsche.

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